LE MONUMENT AUX MORTS

 

 

De 4,50 m de haut, on le doit au marbrier étampois Georges Pinturier, spécialiste en monuments funéraires.

 

Il a la forme d’une pyramide quadrangulaire tronquée posée sur un piédestal.

 

Le docteur Amodru, maire en 1922, a largement contribué à son financement et son nom a été donné à la place.

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Sa construction

 

Le 23 mai 1920, le docteur Amodru propose d’ériger un monument pour rendre hommage aux soldats morts pendant la Première Guerre mondiale. Le conseil municipal vote à l'unanimité son emplacement dans le cimetière communal.

Sur une commune qui compte environ 430 habitants, 31 soldats ont perdu la vie,  soit 7 % de la population  !

 

Mais la localisation du monument suscite un débat : le projet de son installation dans le cimetière ne plaît pas car la population regrette encore l’ancien cimetière situé autour de l’église paroissiale et déplore l’isolement du nouveau site. Les parents des soldats morts, les poilus et la population demandent le 14 août 1921 qu'il soit érigé sur la Place de la Croix. 

Ce terrain de 1116 mètres carrés appartient au docteur Amodru qui en fait don à la commune le 12 février 1922, après avoir fait abattre les arbres qui auraient gêné. A mi-chemin du centre du village et du cimetière, la place aménagée se trouve proche du vieux bourg bien qu’implantée sur sa marge.

 

Contrairement à d’autres communes qui, faute de moyens, sollicitent l’aide financière de l’association du « Souvenir français », la municipalité, soutenue par la générosité de son député-maire, assume seule la dépense du monument. Le financement du monument, estimé à 9 300 francs, est pris en charge en partie par le budget communal (pour 2 020 francs), puis pour moitié par une souscription auprès des familles chamarandaises (3 640 francs) et enfin pour l'autre moitié par la cotisation personnelle du docteur Amodru d’un montant égal.

 

Enfin, la commune paie les frais d’aménagement du soubassement, réalisé par M. Dauvernet, entrepreneur à Chamarande (1 327 francs).

Le 3 septembre 1922, le conseil municipal demande au Préfet quatre obus de gros calibre pour réaliser l'entourage du monument. Le docteur Amodru offre gracieusement la grille en fer (5 333 francs) qui a aujourd’hui disparu. Elle était ouverte au public par le garde champêtre le dimanche et les jours fériés de 10h à 16h.

 

 

Pour remercier le docteur Amodru de ces dons, le conseil municipal décide le 10 décembre 1922 que la place du Monument aux morts portera son nom.

 

 

L'inauguration du monument aux morts

 

 

Le monument est inauguré le 1er octobre 1922 en présence du préfet de Seine-et-Oise, de deux députés du département dont le docteur Amodru, ainsi que de tous les maires et adjoints du canton invités à la cérémonie.

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Description du monument aux morts

 

 

Le monument est taillé dans un calcaire gris-bleu extrait dans le nord de la France, dit « pierre de Tournai » et qualifié de « granit de Belgique » pour sa dureté.

 

Sur la face antérieure de la pyramide figurent des allégories guerrières.

 

 

De haut en bas :

 

- glaive et casque appartenant à l’équipement du soldat,

 

- traditionnels lauriers des héros et palmes du martyre,

 

- obus croisés rappelant l’importance de l’artillerie dans le premier conflit mondial,

 

- croix de guerre gravée dans la pierre témoignant de la reconnaissance nationale.

 

L’entourage se compose de quatre obus, de couleur brun ocre à l'origine, qui délimitent l’espace sacré, barrière entre le monde des vivants et le monde des morts.

 

Aujourd’hui ce monument rend hommage aux soldats de la commune morts pendant les guerres de 1870, de 1914 et de 1939 : les noms gravés traduisent le poids des guerres sur la vie locale.