Jean-Gilbert Victor Fialin

DUC DE PERSIGNY

(1808-1872)

 

 

 

Sorti major de promotion à l'École royale de cavalerie de Saumur, il soutient la révolution de Juillet 1830 et ne peut rester dans l'armée.

 

Il se lance dans le journalisme et se présente sous le nom de vicomte de Persigny, du nom d’une terre noble qu’avait possédé son grand-père.

 

Après la lecture du Mémorial de Sainte-Hélène, il se convertit au bonapartisme. En 1848, il dirige la campagne qui amène l’élection à la présidence de Louis-Napoléon Bonaparte.

 

Il est ambassadeur de France en Allemagne (1849-1850) et député du Nord (1849-1851).

Lors du coup d’État du 2 décembre 1851, il est à la tête du 42ème régiment de ligne où il est chargé de la prise du Palais Bourbon, ce qui ouvre les portes du pouvoir à Louis-Napoléon Bonaparte.

 

Le 22 janvier 1852, il est nommé ministre de l’Intérieur. Il paraît que Victor de Persigny demande aux préfets de faire crier « Vive l'Empereur » au lieu de « Vive le Président » lors des visites officielles de Louis-Napoléon Bonaparte. Il occupe aussi les fonctions de ministre du Commerce et de l'Agriculture de janvier 1852 à juin 1853. Puis il sera ambassadeur à Londres de 1855 à 1858 et de 1859 à 1860. Il est rappelé au ministère de l'intérieur de 1860 à 1863.

 

C'est Victor de Persigny qui trouvera les moyens pour financer les travaux haussmanniens à Paris.

 

Le 27 mai 1852, il épouse à Paris Eglé Ney de La Moskowa (1832-1890), petite-fille du Maréchal Ney et du banquier Jacques Laffitte, de vingt-quatre ans sa cadette. À cette occasion, il reçoit 500 000 francs et le titre de comte.

 

Il est ensuite appelé au Sénat (1852-1870) puis il est élu maire de Chamarande, où il a acheté en 1858 le château du dernier marquis de Talaru. Il est également président du Conseil général de la Loire (1858- 1870). Très attaché à sa terre natale, il y déploie une extraordinaire énergie : le percement du canal du Forez, la création de la Société historique et archéologique du Forez (La Diana), la mise en place d’un fonds de secours pour les victimes des débordements de la Loire, la poursuite de l’essor industriel du département, le transfert de la préfecture de Montbrison.

 

Il est élevé duc de Persigny par décret impérial du 9 septembre 1863.

 

En 1870, la guerre franco-prussienne provoque la chute de l’Empire et vient mettre un terme à sa carrière. Abandonnant la politique, il se consacre à la rédaction de ses « Mémoires » qui ne seront publiés qu'après sa mort en 1896.

 

Napoléon III aurait dit de lui : « L’Impératrice est légitimiste, Morny est orléaniste, le Prince Napoléon est républicain et je suis moi-même socialiste. Il n’y a qu’un seul bonapartiste, c’est Persigny, et il est fou. ».

 

Le duc de Persigny est un bienfaiteur de Chamarande, et grâce aux subventions importantes qu’il obtient de l’Etat et à quelques légers sacrifices consentis par la commune, il fait établir les principales rues du village et la place de la Mairie, restaurer l’église, construire une nouvelle mairie-école, transférer le cimetière, créer un bureau de poste (1864), établir une brigade de gendarmerie (1863) dans l’ancienne maison de famille de Mme la baronne Chauvel, ouvrir une station de chemin de fer en octobre 1861.

 

Dans les mémoires du duc de Persigny, on apprend que ses bonnes relations avec l’Allemagne en 1850 ont protégé le château en 1871 :

« Vers la fin de juillet 1871, […] il s’installa avec ses enfants dans sa chère retraite de Chamarande, heureusement sauvée des dilapidations ennemies par la considération personnelle qu’il s’était acquise en Allemagne, au cours de sa mission de 1850. En apprenant le nom de son propriétaire, les chefs de l’armée d’occupation avaient spontanément donné des ordres sévères aux troupes cantonnées dans cette localité pour faire respecter le domaine du Duc. »