LES ANCIENNES CARRIÈRES

 

 

 

Au milieu du XIXème siècle, deux carrières de grès de Fontainebleau sont en activité à Chamarande, l’une en haut de la rue de la Victoire et l’autre dans la forêt du Belvédère. On y taille des pavés pour la ville de Paris.

Les carrières sont en plein essor à la fin du XIXème siècle. La demande en main d'oeuvre étant importante, on fait appel à des Bretons venant du Finistère et à des Italiens.

Dès l'aube, les carriers montent à la carrière, habillés d'un pantalon de velours, d'une grosse chemise, d'une ceinture de flanelle et chaussés de sabots en bois ou de chaussures en cuir épais. Ils redescendent à la tombée de la nuit, épuisés par le maniement des barres à mine ou des marteaux dont le poids atteint parfois 19 kg. Après le travail, ils font une halte dans une des buvettes locales, par exemple à la Cantine de la Vieille Poste, où trois d'entre eux sont logés.

 

Un rapport de l’ingénieur ordinaire des Mines de 1856 nous apprend que M. Champeau exploite une carrière de grès située à proximité de la rue Creuse (actuelle rue de la Victoire) sur un terrain faisant 36 ares (3 600 m2). La couche de grès atteint 2 m 50 d’épaisseur et est recouverte par 3 mètres de terres calcaires.

 

A la fin du XIXème siècle, l’une des carrières est abandonnée. La carrière de M. Trimoulet près de la rue Creuse fournit en 1865 les pavés de grès pour la réfection de l'église. Elle emploie encore en 1911 plusieurs ouvriers dont 11 carriers et 2 terrassiers habitant Chamarande. Ils produisent annuellement de 3 000 à 4 000 pavés qui sont descendus par voitures vers la halle aux marchandises. On compte encore 3 carriers en 1922.

 

La baisse d’activité des carrières entraîne une réduction des salaires : au début des années 1880, un carrier gagne entre 6 et 7 francs par jour tandis qu’au début des années 1900 il ne gagne que 4 à 5 francs, alors que le prix de vente du mille de pavés, sur place, varie de 220 à 250 francs en 1899.

 

Une carrière de sable est également exploitée au lieu-dit les Hantes, entre les deux écoles actuelles. Cette sablière municipale est abandonnée en 1927 pour ne pas menacer la stabilité des propriétés riveraines.

 

En savoir plus sur le grès

 

 

Le grès est né il y a 35 millions d’années grâce aux lits de sable d’une grande pureté que la mer Stampienne a laissé derrière elle. Ces couches de sable d’épaisseur variable (30 à 60 mètres) renfermant une grande quantité de silice forment une large dalle de grès recouverte de sédiments. Plus tard, celle-ci réapparaîtra au fur et à mesure de l’érosion, offrant au regard ce relief caractéristique constitué de blocs rocheux émanant de la rupture des bords de platières.

Le grès de Fontainebleau est exploité à partir du XIVème siècle. Il s'agit d'une excellente pierre de construction qui ne gèle pas, facile à travailler et à scier. Ainsi, on l'utilise pour les marches d’escalier, perrons, bordures de trottoirs, encadrements et appuis de fenêtres, portes, linteaux, etc. Très décoratif, il permet aussi de réaliser de beaux dallages extrêmement résistants. Les rues de Paris étaient d’ailleurs toutes pavées en grès de Fontainebleau, jusqu’à ce qu’il soit remplacé par des granits bretons, moins glissants. L'une d'elles a d'ailleurs été entièrement pavée avec le grès de Chamarande.

 

De très nombreuses carrières restent en exploitation jusqu’au début du XXème siècle.